samedi, janvier 09, 2010

Avant la nuit

En attendant l'arrivée de la suite de mes épisodes de la Saison 5 de Desperate Housewives-j'en suis au 12e-, je profite d'un des films que j'ai acheté en soldes.

Avant la nuit:


Avant la nuit retrace la vie de l'écrivain cubain Reinaldo Arenas (Javier Bardem) : son enfance, son enthousiasme pour la révolution castriste, ses désillusions, son exil politique à New York en 1980, le succès de ses romans, les périodes d'emprisonnement, son homosexualité, son suicide en 1990, alors qu'il était atteint du sida.



Quelle magnifique manière pour moi de faire connaissance avec cet écrivain dont j'ignorais tout. Sa poésie est vraiment magnifique, sa grandeur d'âme n'a pas fléchi malgré toutes ces épreuves.

Ce magnifique film m'a fait découvrir la transition que le peuple de Cuba a subi. C'est bien beau de savoir ce que la révolution a changé au niveau du gouvernement, mais les gens eux?

Tout n'allait pas si mal pour eux avant. Leur joie de vivre et leur enthousiasme inné était communicatif. L'intégration des homosexuels parmi la jeunesse était-elle vraiment si ouverte? Nul besoin de faire de coming-out dans ces conditions, je trouve ça formidable sauf.... que la suite de l'Histoire a fait que ce fut quand même eux qui furent les plus persécutés :(

Bref, un film à voir. Javier Bardem y est tout simplement magnifique comme toujours!

5 commentaires:

É. a dit…

Voilà exactement un des plus graves dangers du cinéma.

J'aurais besoin d'un minimum de cent pages pour relever tous les mensonges perpétrés par ce film d'une malhonnêteté inouïe.

La vie idyllique pré-révolutionnaire présentée par Julian Schnabel dans ce film est une pure invention. La vie des campesinos sous le régime États-Unien ne comprenait pas de maison. La plupart vivaient sous une natte tressée qui les protégeait de la pluie, directement sur le lieu de travail, femmes, vieillards et enfants. À cinq ans les mômes commençaient à la machette dans le champ de canne à sucre.

Impossible d'ignorer ça quand on s'intéresse à Cuba par n'importe quelle autre lorgnette que celle de la CIA, présentée dans ce film sans la moindre concession pour la réalité factuelle historique.

J'ai croisé beaucoup de « folles » à Cuba, qui faisaient danseurs de music-hall, serveurs, hôteliers ou camionneurs. Pas un n'avait l'impression que Cuba est pire pour eux que ne le sont les pays voisins. Plusieurs têtes d'affiche du pays sont des homosexuels avoués. Le film cubain Fraise et Chocolat traite directement de ce sujet sans ambages ni détours et a été présenté là-bas d'innombrables fois. Pas évident d'être gai en Amérique Latine. Seulement, à en croire Schnabel, c'est la faute à la révolution Cubaine. Si les Cubains avaient continué à ramper devant les bottes de l'Oncle Sam, les droits des gais auraient été garantis. Uhm… Évidemment.

Arenas a fini sa vie sans le sou et abandonné dans son appart de New York, laissé pour mort par un système qui se fout éperdument des poètes, lorsqu'ils ne sont plus utiles à démolir les rares peuples de la terre qui se sont levés contre l'injustice. Schnabel consacre trente secondes à ces vingt ans de la vie de l'auteur, parce que son objectif est de créer des ennemis du régime cubain (c'est un succès). C'est aussi pour cette raison qu'il s'éloigne de l'auto-biographie d'Arenas quand ça lui chante, histoire de bien charger son agenda politique.

Cuba n'est pas un paradis. Cuba n'est pas un pays de Cocagne. J'ai souvent discuté de Cuba avec des gauchistes amers qui exigent d'elle qu'elle soit l'incarnation parfaite de tous leurs fantasmes étatiques, ou rien ! Mais la Isla Grande gère son avenir comme elle le peut, avec les limites de ses ressources, ses rares alliances, ses désirs à elle (parfois très stupides, comme partout), et surtout, dans le contexte sinistre de cet embargo contre elle, ce blocus criminel, illégal, immoral, impérialiste, imposé de façon continuelle depuis les années cinquante par l'Armée-riche.

Ce blocus perdure entre autres grâce à des œuvres de désinformation telles que ce film fourbe et perfide, dont l'âme a été insufflée directement par les services secrets États-Uniens.

Beo a dit…

É. * Je te remercie pour ce prologue très instructif.

J'aurais dû me méfier.... parce que le fait que Javier Bardem, qui est espagnol, joue dans un film américain... j'avais trouvé ça un peu louche, mais j'ai tout oublié ça en regardant.

C'est bien vrai que c'est un grand danger du cinéma: le remaniement de l'Histoire. Heureusement qu'il y a des gens comme toi pour remettre les pendules à l'heure :)

É. a dit…

:0)

Francois et fier de l'Être a dit…

Je pense qu'il serait plus sage de lire la bio dont est tiré le film. Il est issu d'une famille des plus aisées, bien loin de la campagne, a commencé à être publié avant de s'exiler et disposait chez son éditeur d'un petit pécul en arrivant.
Il n'est pas représentatif des pauvres émmigrants homosexuels.

Beo a dit…

François * Dis donc.... plus j'en apprends sur lui, plus le film devient biaisé... :(