Évidemment, gamine j'ai assisté à la messe hebdomadaire et à bien d'autres du temps de mon école primaire. J'ai souvenir des messes en latin, c'est dire!
Adolescente, un de mes plaisirs était de faire semblant d'aller à la messe avec mes amies. On se retrouvaient tout juste derrière l'église pour papoter. L'important était de ne pas oublier de ramener un *Prions à la maison.
* Prions: petit livret avec toute la démarche de l'eucharistie du jour.
Jeune femme vivant à Québec, je fus étonnée des visites à la maison pour venir chercher la dîme. Comme ça... ils recueillaient leur dû sans qu'on passe par l'église en tant que fidèles. Astucieux non?
Après la grande ville, ce furent 17 années dans un petit village où nous suivions les grandes liturgies, soit Noël, Pâques, etc. Avec l'arrivée des enfants et leur scolarisation qui impliquaient les sacrements, j'ai participé aux cours de catéchèse préparatifs à ceux de la Première communion. De grands moments pour moi et d'excellents souvenirs. Dans les même temps j'ai rejoins les rangs de la chorale, je suis donc allée à l'église de manière plus active, jusqu'à diriger la chorale à quelques reprises pour remplacer la directrice malade-, le stress... je vous dis pas-! C'est là que le fameux Prions a toute son importance!!! Inestimable pour ne pas louper le moment de démarrer un chant. C'est qu'on ne chante pas un Gloria au moment d'un Credo hein!
Puis ma traversée de l'Atlantique a mis tout ça en veilleuse. Tout ça = ma participation active. Ma foi étant tout à fait la même.
Dans un hebdomadaire que je reçois gratuitement dans ma boîte aux lettres se trouvent souvent des articles très intéressants. Comme celui-ci que je vous transcrit intégralement.
La Toussaint, une fête utile?
On célèbre les saints et les morts les 1er et 2 novembre. Des rites désuets? Le point avec Monseigneur Bernard Genoud, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.
Trois cérémonies funéraires sur dix sont laïques. Un problème pour vous?
Non, cela correspond à la liberté de chacun. Je voudrais bien sûr que tout le monde puisse remettre son défunt explicitement dans les mains de Dieu. La Toussaint, comme je le dis souvent, c'est aussi la fête des rescapés de la sainteté.
Dans ce contexte, est-ce que fêter la Toussaint a encore un sens?
Oui, car il s'agit de la seule célébration destinée à tous les anonymes qui ont été des gens bien dans leur vie, croyants ou pas. Des gens qui ont lutté pour la justice sans croire en Dieu. Mais la justice, c'est Dieu. Et Dieu dit: celui-là a pris option pour la justice, donc pour moi, hop! il est sauvé. Comme le bon larron qui a mal fini, ça a sûrement fait de la peine à sa maman, mais qui reste le seul à avoir été canonisé de son vivant.
Y aurait-il d'autres moyens d'honorer ses morts?
Penser à eux, se rencontrer en famille le jour anniversaire du décès d'un parent. Mais je ne pense pas qu'il soit bon d'abandonner ce que nous faisons. Honorer ses défunts est ancré dans le coeur des hommes, dans toutes les civilisations. Il y a une relation transcendantale, incassable: que mes parents soient morts ou vivants, je serai toujours le fils de et de. Vouloir les oublier, c'est couper ses racines. Et un arbre sans racines meurt.
Propos recueillis par Virginie Jobé.
Alors; que vos défunts reposent en paix et que surtout ils ne quittent jamais votre coeur!

