Mais là n'est pas mon propos. En fait, j'ai renoué avec le style de James Cameron avec le documentaire sur le Bismarck, dans lequel on reconnaît la rigueur scientifique de ce cinéaste fabuleux qui a donné toute sa dimension au film Titanic.Il n'est pas trop intéressé de filmer pour filmer. Pour ce documentaire, l'enjeu principal était de percer à jour la véritable raison, le véritable responsable qui a fait couler ce méga cuirassé hitlérien. Un mystère qui sera élucidé en gros, grâce à la technologie à la fine pointe du XXIe siècle.
Grâce aussi à quelques survivants et rescapés de ce cuirassé. Il y a des moments forts en émotion car en plus, Cameron a fait en sorte que le bateau russe qui mène cette mission de tournage à bien, effectue exactement le même trajet, à la minute près parfois, trajet qu'a fait le Birsmack il y a 60 ans en arrière. Tellement qu'à quelques reprises les 2 survivants qui sont à bord, font quelques pauses commémoratives hautement empreintes d'émotion.

Le navire, fleuron de la Kriegsmarine d'Hitler, a été envoyé par le fond le 27 mai 1941 par la Royal Navy. Ce drame, au cours duquel périrent 2805 marins allemands, fut l'épilogue d'une incroyable course poursuite au cours de laquelle le Bismarck, célébré comme le plus puissant navire de guerre européen, avait coulé le croiseur de bataille HMS Hood (1412 morts), fierté de la Grande-Bretagne. L'Amirauté anglaise mobilisera toutes ses forces disponibles pour balayer l'affront et pour empêcher le Bismarck de faire des ravages dans l'Atlantique nord. Des dizaines de navires participeront à la traque, dont les porte-avions Victorious et Ark Royal ainsi que les cuirassés King George V, Prince of Wales et Rodney. Le gouvernail détruit par la torpille d'un avion Swordfish, le cuirassé allemand sera finalement rattrapé et écrasé par des forces anglaises nettement supérieures. Son épave repose aujourd'hui par 4800 mètres de fond.
Témoins et thèse du sabordage
Brillamment réalisé par James Cameron, l'Expédition Bismarck fait appel à des historiens renommés et des témoins de l'époque. Ainsi, deux rescapés allemands accompagneront l'équipe jusqu'au lieu du désastre, racontant les dernières heures du cuirassé. Pour réaliser ce superbe documentaire, Cameron a fait appel, comme pour son film sur le Titanic, au navire océanographique russe Keldysh et ses deux sous-marins Mir 1 et Mir 2. Les deux submersibles rapportent de superbes clichés de l'épave du Bismarck. Les images intérieures sont quant à elles obtenues par les petits robots ROV. L'ensemble du récit est accompagné de reconstitutions très réussies en images de synthèse. La fin de ce documentaire est également très intéressante d'un point de vue historique. L'inspection de la coque ne révèle en effet aucun impact de torpille ayant perforé le blindage du navire. Les Britanniques avaient pourtant affirmé que le coup mortel avait été porté par une gerbe de torpilles du croiseur lourd HMS Dorsetchire. L'absence de brèche relevée par Cameron et son équipe démontre le contraire et appuie la thèse évoqué par les survivants. Une fois les officiers de la passerelle tués et toutes les pièces mises hors de combat, l'équipage aurait décidé de saborder le navire.
D'un déplacement de 52.000 tonnes à pleine charge, le Bismarck est lancé le 14 février 1939 par les chantiers Blohm & Voss. Long de 251 mètres, il était armé de 8 pièces de 380 mm en quatre tourelles doubles, 12 pièces de 150 mm en six tourelles doubles et 16 pièces de 105 mm en huit montages doubles. Le plan du Bismarck sur Discovery Chanel
Je suis encore impressionnée par ce documentaire et encore plus par la tâche colossale qu'eurent ceux qui ont participé à cette attaque de sauvetage de la paix. Il n'était pas question de laisser ce cuirassé entrer en eaux internationales. Ils ont réussi, pour la plupart d'entre-eux: ce n'étaient que des jeunes de moins de 20 ans. C'est fou!



